
FamillePar J.HEBERT.
Il n'est pas très aisé d'aborder les questions soulevées par la famille, particulièrement dans un contexte culturel et social où nous ne sommes manifestement plus tout à fait assurés de sa fonction, de sa place ni de son devenir. Au point qu'on puisse être amené à se poser légitimement la question : « La famille à quoi ça sert » ?
La clinique de la vie quotidienne ainsi que la littérature nous montrent la famille comme le creuset « originaire » de nos passions : toutes, ou presque, s'y enracinent. Aussi bien est-elle encore le lieu de précipitation des « imagos » et des idéaux qui donneront leur marque à la vie publique et privée de chacun.
La famille est l'institution par laquelle le sujet humain en tant que tel se constitue et s'identifie comme être sexué, avec les aléas que nous connaissons*.
Ainsi, l'institution familiale, comme il en est généralement des institutions, trouvera sa raison ou, mieux peut-être, sa cause dans un dysfonctionnement, un ratage, une faille - Lacan aurait dit, sans doute, un impossible ou un réel - dont elle conserve la marque tout en prenant fonction, à défaut d'en venir à bout, d'en émousser le tranchant, d'en assourdir la présence mais aussi d'en acquitter le tribut de générations en générations.
Ajoutons également que l'institution familiale se montre assez singulière, eu égard aux autres institutions, de trouver son fondement dans le sexe : dans le sexe précisément en tant que s'y rencontre l'achoppement, l'impossible réussite du rapport homme/femme en tant qu'avatar direct de notre prise dans les rets symboliques du langage.
Ne faut-il pas considérer comme une chance que les mutations qui affectent nos mœurs et transforment notre culture rendent plus claire, fut-ce sur un mode négatif, cette inscription, ce gîte que trouve la famille dans la structure langagière ?
En effet, les agencements nouveaux qu'elle présente(famille mono-parentale ou homo-sexuée entre autres), les dispositions législatives qui la concernent comme les vœux politiques qui la visent se développent et trouvent leur signification en relation congruente aux modifications de notre rapport à la loi symbolique, pour autant qu'y opèrent les dites mutations.
Pour lors, la famille contemporaine, sous l'emprise de l'action conjuguée de la science et du consumérisme économique, ne s'organise plus tant dans le refoulement de cette faille qui la supporte et la structure comme institution mais, plus radicalement, dans son rejet, son obturation pure et simple. S'y perd manifestement le caractère « sacer » plus ou moins énigmatique qui, indice, résurgence de ce refoulement, anime ordinairement la vie familiale, rabattu pour le coup sur un « ça sert » positivement éducatif. Les dieux, faute de place, ont disparu du foyer, le lieu des mystères est réduit (au sens où l'on réduit une position ennemie) et le pacte familial avec lui.
Heureuse laïcité, enfin acquise, d'une famille nettoyée de ses aliénations habituelles et de ses idéaux patro-centrés ?
Las, loin de nous offrir quelque liberté nouvelle et joyeuse, la fausse laïcité de cette « nouvelle économie » familiale soumet ses membres à des impératifs catégoriques, d'autant plus cruels qu'ils se veulent toujours plus concrets.
Le pacte a cédé le pas aux contrats et aux lois réelles et la famille ne se soutient plus que du juridique.
* Terme utilisé par Lacan dans son article de 1929 sur « la famille » afin d'en distinguer la structure de quelque entité biologique ou sociologique.
Scène de la vie psychiatrique actuelle.Par Thibaut Senente
Une patiente se présente aux urgences en début de journée, après quelques heures d'attente ponctuées de pauses cigarette. Elle est examinée par un médecin qui constate un diabète mal équilibré nécessitant une surveillance en médecine le temps d'un rééquilibrage. Interrogée, Mme X, le regard fixe se montre peu encline à justifier la non observance de sa prescription d'insuline. Le médecin indique alors à l'infirmière référente de cette patiente qu'elle va nécessiter une hospitalisation... Mme X bondit alors sur le médecin, tout en l'abreuvant de propos haineux à caractère raciste. Immédiatement, le personnel de sécurité de l'hôpital est appelé pour contenir la patiente qui se réfugie dans un mutisme avant de s'effondrer en larmes...
La consultation du dossier de la patiente permettra de constater que celle-ci présente des antécédents d'hospitalisations en psychiatrie. Elle a bénéficié d'un suivi pour « schizophrénie » qui s'est interrompu à sa sortie de l'hôpital psychiatrique. Le secrétariat du secteur dont elle dépend, explique la raison de la rupture du suivi : « la patiente devait nous rappeler afin de convenir d'un rendez-vous et renouveler ainsi ses prescriptions ... ».
L'absence d'accompagnement de Mme X par le service de l'extrahospitalier sera « éclairée » de la même manière : « oui cela a été proposé et la patiente devait nous appeler... ». Lors de l'entretien avec la patiente, celle-ci confie en larmes qu'elle ne se contrôle pas, qu'elle regrette son geste, que depuis l'arrêt de son traitement par neuroleptiques, elle entend de nouveau des voix et que parfois, ça la dépasse.... « Remettez-moi un traitement » demande-t-elle expressément... Joint par téléphone, son psychiatre convient de la nécessité d'une hospitalisation. Il souligne toutefois qu'il ne dispose pas des moyens juridiques permettant une hospitalisation contre son gré et demande alors au médecin agressé de porter plainte afin d'engager une hospitalisation d'office !!!
Celui-ci, plein de bon sens, constatant l'état délirant de Mme X et ne souhaitant pas porter plainte, finira cependant par le faire, sous les recommandations du psychiatre pour permettre l'hospitalisation de la patiente en pavillon de psychiatrie....
Durant la traversée d'une période dite féconde du délire, la loi préconise de recourir à l'hospitalisation sous contrainte, mais il semble qu'aujourd'hui elle doit être « validée » par un dépôt de plainte ! La clinique faisant défaut, l'acte délié de toute interprétation est désormais traité comme tel...
Confusion des genres... le dépôt de plainte semble désormais supplanter le diagnostic. L'entité nosographique s'en trouve réduite à un trouble de l'ordre public impliquant donc un traitement dont la visée est tout autre que celle de permettre de répondre à cet un qui souffre et qui plus est ne demande pas...
A l'heure actuelle, la prise en charge en psychiatrie ne se définit plus que selon 3 pôles « Entretien, Prescription, Orientation ». Afin de fluidifier les modes de prise en charge et doper ainsi la productivité de l'institution hospitalière, nos patients sont dûment « équilibrés » par leurs seuls traitements médicamenteux et orientés directement vers l'extérieur, la psychiatrie dite moderne ne constitue plus un lieu d'asile. Le patient n'est plus qu'un « usager ».. Quant aux personnes souffrant de psychose, elles n'ont plus d'adresse et voient leurs prescriptions renouvelées automatiquement, parfois même sans entretien avec leur psychiatre. Exit le transfert donc - l'exemple situé plus haut nous montre combien il fait défaut -. Exit la clinique et retour vers des modalités de soins purement hygiénistes.
Thibaut SENENTE
La "bocca di leone" à l'écoleLe 12/04/2009 par J.HEBERT.
La bouche du lion de pierre qui, à Venise, recevait subrepticement les billets empoisonnés des délateurs de la « république » s'installe dans nos écoles. Certes la bouche n'en aura pas la noblesse mais les billets seront chargés de la même infamie.
La proposition est conforme à « l'air du temps » et nous savons bien ce qui est visé par la « belle âme » qui lança cette idée lumineuse !
Disons les faits : Dans le cadre d'une action de « lutte contre le racisme, l'exclusion, l'intolérance et la maltraitance », vingt six classes de CM2 regroupées en « assemblée des enfants » proposent, sous la suggestion de leurs « instits », des actions susceptibles de mettre un terme à la maltraitance.
Méditons les solutions suggérées à sa classe par la « belle âme » susdite :
- « faire un centre de rééducation pour les parents qui battent leurs enfants »
- « Mettre les enfants dans d'autres familles »
- « Faire parler les enfants et leur expliquer ce qui est normal ou pas »
- « Des peines de prison plus grandes »
Enfin, pour que la lumière entre à flots dans tous les recoins de la scène familiale
- « Créer un système de boîtes à lettres, à mettre dans un coin de toutes les cours de récréation de toutes les écoles, dans lesquelles les enfants peuvent mettre des lettres racontant ce qui se passe à la maison. Une fois par trimestre, un policier, un juge ou un psychologue ramassent le courrier ».
Disons pour abréger que sur les vingt six, ce dernier projet fut le préféré de l'assemblée et reçut le soutient de la mairie (dix mille euro de prix)... Les quatre vingt premières boîtes sont à la commande (cf . journal « Le Havre » du 17 mars 05) !
Ce qui, donc, se trouve ainsi visé par cette institutrice « progressiste » est affiché clairement dans le texte de ses propositions, à savoir la présence et les manifestations du désir et de l'autorité au sein des familles, pour autant qu'ils y présentifient la double face de ce que représente le père dans sa fonction véritable.
En la circonstance, remarquons qu'il ne s'agit pas tant d'en révéler les limites, d'en déplorer l'impuissance, quitte à y remédier. La visée est purement abolitionniste : Il faut libérer ces enfants des louches relents du désir et de l'arbitraire détestable de l'autorité, pour autant qu ‘aujourd'hui l'autorité est volontiers ressentie comme traumatique, abusive. Or, si la brutalité à enfant est parfaitement exécrable, rappelons, pour en faire le constat quotidien, que le défaut d'une autorité constitue une violence bien réelle, de laisser nos jeunes sans appuis ni boussole.
Ainsi nos « chères têtes blondes » dument averties de « ce qui est normal ou pas » viendront exiger l'application de cette nouvelle norme - pas mâle du tout celle là - dans leur famille.
Nous en connaissons déjà les prémisses grâce aux campagnes hygiénistes (anti-tabac par exemple) menées depuis un temps dans les écoles et dont le retour persécutif à la maison ne s'est pas fait attendre !
Ce que notre « belle âme » pourtant veut ignorer, aveuglée par son ressentiment, c'est qu'à poursuivre par enfants interposés les instances qui organisent et vectorisent nos vies, elle les invite pour le coup à emprunter les voies de l'indignité et de l'errance paranoïaque.
Ebranlés d'être menés à croire qu'ils auraient des droits spécifiques, d'être incités à penser posséder un corps qui serait leur bien propre, désemparés d'être conduits à imaginer que ce qu'ils ont à faire (leur travail scolaire par ex.), ils ne le feraient que pour eux même et non pour l'intérêt, le désir ou l'amour de quelque autre parental, les voici à présent livrés à la suspicion et armés du moyen de mettre à merci tout adulte qui penserait pouvoir encore faire valoir une éducation.
Pouvons nous alors être surpris, dans ce contexte de désarrimage généralisé, de voir arriver en consultations des jeunes dont les parents navrés se désespèrent de les voir se trouer la peau, s'adonner à l'herbe sans limite et refuser toute forme de travail, puisqu'il est clair, en vérité, qu'au douteux prétexte de les libérer nous n'avons fait que les abandonner ?
Pour conclure, une dernière remarque s'impose. En effet, s'il est désolant voire inquiétant qu'une personne ayant autorité use de sa position pour suggérer à des enfants des pratiques détestables, n'est-il pas plus alarmant encore que nul n'en paraisse incommodé ?
Ni les associations de parents d'élèves pourtant si promptes à se faire entendre, ni les édiles qui ont si grassement récompensé la proposition élue (mais l'ont-ils lue ?) pourtant entichés de droits et de citoyenneté, ni les journalistes qui en ont rendu compte pourtant champions auto-proclamés des libertés, personne semble t-il, n'a trouvé à redire, fait la plus petite opposition !
Nous aurons donc ce que nous méritons : la barbarie.
Le 12/04/2009 par J.HEBERT.
S'il existe un moyen simple de juger de l'état d'une culture c'est, probablement, en portant notre attention sur la façon dont elle traite les femmes, les fous et les étrangers (entre autres). C'est à dire à la manière dont elle supporte, s'enrichit ou, au contraire, se défend voire refuse l'expression en son sein, sous ses diverses incarnations, de la dimension de l'altérité, de l'Autre. Altérité supportée par ceux qui, par leur statut ou par structure, ne participent pas également aux prescriptions et aux idéaux de la Cité bien faits pour voiler la division par laquelle nous nous révélons aussi bien Autres à nous même.
Les « traitements » appliqués à ces diverses émergences « altéritaires » dans le lien social varient sensiblement en fonction des cultures et des époques et nous savons que cela peut aller jusqu'à l'élimination pure et simple de « l'incarnant » .
Dans une civilisation de progrès scientifiques, techniques, économiques, et sociaux telle que la notre se présente aujourd'hui, cette dimension de l'altérité se trouve plus que jamais « non grata » de porter avec elle des parfums trop violents à nos odorats aseptisés. Pourtant, la mise en quarantaine de l'Autre, sa récusation doit trouver des voies conformes aux idéaux humanitaires et compassionnels qui nous animent et s'imposent comme politiquement corrects.
Ainsi, l'altérité féminine captée par la publicité à travers son image se trouve t-elle mise au service des biens... de consommation ! cependant que convaincues de trouver leur émancipation en prenant rang parmi les travailleurs (c'est bon pour ladite consommation ) les femmes s'offrent sans résistance à la grande exploitation de l'homme par l'homme, laissant s'évanouir l'odor di Femina pour l'odeur de la sueur dans la parité des sexes.
L'étranger, lui, est démocratiquement invité à s'intégrer, c'est à dire prié de renoncer à ses références d'origine, ses coutumes et ses ancêtres pour embrasser les valeurs du cru soit les refoulements de la communauté se faisant, à son tour, moins voyant dans le paysage social.
Quant au fou, les murs de l'hôpital soulignant trop encore sa disparité maladive en dépit des avancées de la pharmacopée, nous nous en occupons aujourd'hui avec un soin ...positif. En effet, les actuelles orientations de la psychiatrie et de la psychologie prétendument scientifiques du seul fait qu'elles convergent sur le point d'ignorer que la « santé mentale » se fonde, s'enracine dans la défectuosité originelle du « parlêtre », méconnaissent logiquement l'essence et les mécanismes de la folie et nous rendent un fou normé : exit le réel qu'il exhibe.
Inspirés sans doute par quelque influence comportementaliste et/ou cognitiviste, les soignants comme l'administration hospitalière (c'est tout bon pour le budget !) s'emploient désormais à le ré-adapter, à lui ré-apprendre les gestes de la vie quotidienne afin de l'affranchir de sa situation de dépendance chronique pour, ainsi, le ré-insérer dans le social grâce, en particulier, à la mise en place d'appartements communautaires et de contrats de soins ( !) supposés le réhabiliter dans une responsabilité dont il ne peut mais.
Le « beau nom d'asile », cher à Esquirol, est à présent synonyme d'enfermement et le malade mental est encouragé à recouvrer ses droits avec sa ré-intégration au monde. Normé, donc, le fou s'il est admis à l'hôpital, c'est en usager qu'il y entre, comme on prend les transports en commun.
Toujours plus méconnu dans sa spécificité, le fou se trouve dés lors exposé, non pas tant à l'exclusion qui l'assurerait d'une place et d'un statut social avérés, mais à ce qu'il faut bien appeler la barbarie de sa non-reconnaissance médicale et sociale, de sa non existence comme tel. N'est-ce pas pour cette raison que, désormais et de façon explicite, lorsqu'il est enfermé c'est, dans bien des cas, non plus pour lui offrir un abri, le protéger et le soigner mais pour le punir ?
Normer, c'est, semble t-il, le mode totalitaire soft par lequel notre civilisation tente d'évacuer à travers ceux qui la représente la disparité radicale de l'Autre. Mais au delà de ceux là qui en portent les traits les plus saillants, c'est aussi bien la disparité interne à chacun qui se trouve méconnue et pour ainsi dire forclose : tous des usagers !
J. Hébert le 29 Mai 2002
L'air du tempsPar J.HEBERT.
Nous vivons « une époque formidable » dont les perspectives de jouissance se dégagent insoupçonnées, inégalées et proposées ad libitum.
Aujourd'hui, les empêcheurs de tourner rond ont du plomb dans l'aile, les dogmes sont caducs qui aliénaient nos pensées et nos actions, même au sein des églises. Nous avons désormais des opinions (merci aux médias) et pouvons étayer nos vies sur des certitudes par la grâce des sciences et des techniques. L'aléatoire est en voie de disparition, les causes éclairées, l'inconscient dévoilé et le refoulement sans raison... Nous y sommes presque, presque « nous même », positivement !
Les autorités, qu'elles soient spirituelles ou laïques vacillent, exténuées.
Les « responsables » politiques, jusqu'au premier d'entre eux, soumis à l'ardeur blanchisseuse de juges passionnés de probité et de lumière n'ont d'autre issue, les poches retournées sous les projecteurs médiatiques, que de se faire prestataires de services pour nos jouissances légitimes. Ils ne sont d'ailleurs pas les derniers à en remettre une louche : politique de proximité, disent-ils.
Le droit qui, précisément, en donnait les limites et la répartition (de la jouissance), s'agrémente volontiers d'un petit « à »... « Droit à », ça n'a l'air de rien mais ça change tout. Le « droit à », allez établir un lien avec ça ! sauf, bien entendu, à se reconnaître imaginairement de quelque privation ou frustration commune.
Ainsi j'ai droit au choix de mon sexe, de mon identité, de ma jouissance, de ma mort, à réparation quand le ciel me tombe sur la tête (on trouvera bien le(s) responsable(s) de cet accident), droit à l'enfant quelque soit mon âge, ma sexualité ou mon désir ; droit à la vie sans handicap, à dire ma haine de l'Autre (que vive la liberté d'expression !). Bref, disons, pour abréger, si c'est possible j'y ai droit et peux l'exiger.
Une cour de justice supranationale fut créée pour veiller au grain et déjouer les vieux droits restrictifs des Etats toujours prompts à contrarier nos légitimes aspirations et contrevenir au bonheur d'accomplir la singularité de notre Etre (ouf !).
Tant de bonnes choses, pourtant, nous laissent d'humeur plutôt morose voire dépressive. Libérés du piquet qui organisait nos chaînes, nous n'en sommes pas moins saisis d'un « malaise » plus vif que jamais. Lien social miné de tensions agressives voire de franche violence et pas seulement dans les banlieues, « déracinement » subjectif (il est devenu très mode d'aller à la recherche de ses racines), passion et labilité des identifications, extension des perversions, haine ségrégative multiforme quand ce n'est même paranoïa avérée : il n'est besoin que d'ouvrir son quotidien habituel pour en contempler le catalogue.
Le progrès nous trahirait-il ?
Contrepoint à l'expansion apparemment sans limites des jouissances possibles, un court-circuit s'opère concernant la place et le statut de l'objet dans la culture. Nouvelle disposition ouvrant la perspective d'une saisie bien plus directe de l'objet, celui du fantasme, invalidant le dit fantasme dans sa fonction de support, de soutient du désir et permettant l'esquive du détour phallique pour autant qu'il situe et fait valoir la dimension de l'impossible, en même temps que s'érode la fonction symbolique du père. C'est, pour le coup, la présence, la permanence dans le réel de l'objet du désir (le phallus) qui ne trouve plus sa garantie, nous privant non seulement de la possibilité d'une référence symbolique commune, d'un possible bien commun, mais dés lors nous engageant « pulsionnellement » non plus à une « retrouvaille » mais bien à la trouvaille dans la réalité, dans le monde d'un objet qui ne serait plus du semblant. Opération « consumériste » rendue possible par la science et alimentée par le marché qui, bien que moutonnière, ne peut permettre de nouer aucun lien social comme le démontre son accomplissement le plus remarquable représenté par les toxicomanies.
Exit donc le père - qui d'ailleurs semble en être plutôt soulagé - et le pacte symbolique qu'il servait. Le rapport à l'autre comme à l'autorité s'organise, s'appuie désormais sur le contrat. C'est qu'aujourd'hui, le lieu de l'Autre vidé de tout référent commun propre à pacifier nos relations, c'est la silhouette du Commandeur qui se dresse dans le champ du social, démultipliée à l'infini dans le regard de tous les petits autres. L'autorité comme la loi qu'elle sert n'étant plus symboliquement référées, les instruments de leur pouvoir deviennent bien réels, armés comme il faut.
Peut-on s'en plaindre si, nous avons pu le constater, les « changements » politiques, loin d'en détourner le cours, en systématisent l'application puisque, proximité oblige, cela se réalise selon nos vœux ?
ModernitéPar J.HEBERT.
L'organisation d'un enseignement clinique à partir d'une présentation d'enfant a été l'occasion récente d'une pétition protestataire initiée et nourrie par la « lettre ouverte » d'une psychologue que la majorité trouvera certainement « politiquement correcte », c'est à dire conforme au « progrès » de notre pensée post-moderne, de ramener cette initiative enseignante à « l'anté freudisme » soit, nous pouvons le supposer, à la barbarie d'une époque non éclairée par la psychanalyse. L'étrange, cependant, étant que la missive en question manifeste une absolue méconnaissance de ce que Freud nous enseigne : nous chercherions en vain la moindre référence à la psychanalyse.
A la vérité, ce qui apparaît « ouvertement » c'est que ladite lettre ne suppose et n'attend pas d'autre réponse qu'un silence contrit. Le propos n'offre aucune ouverture à quelque dialogue que ce soit et ceux qui l'ont tenté se voient finalement renvoyés à un comité d'éthique propre à leur faire ravaler leur argumentation « réac ». Ils vont devoir réapprendre à lire ! car ils auraient dû se méfier un peu plus d'un propos qui s'abrite de l'invocation à l'éthique et à la déontologie tout à la fois et dont la seule argumentation consiste à agiter les droits de l'enfant, de l'homme et du malade. Peut-être alors auraient-ils pu, dés la première lecture, s'apercevoir qu'ils avaient à faire à un propos parfaitement vide et déconnecté de la situation réelle, tout à fait « mode » d'être exactement congruent à la psychose sociale qui gagne notre culture chaque jour un peu plus par son intolérance à l'altérité. Propos automatique déclenché par l'irruption dans le champ microcosmique et bien tempéré du service d'un « étranger » au savoir et aux intentions suspects, rameutant avec lui un public « extérieur » de qualité douteuse aux intérêts « voyeuristes » sinon « pervers », réunis aux dépends d'un enfant/objet réduit à n'être que « le faire valoir » « d'une visée étrangère » ne pouvant être que « traumatisante » et « persécutrice » !
Qui voudra bien qualifier un tel texte ? disons, avec prudence, qu'il manifeste une xénophobie limpide, conséquence logique de la déréférenciation symbolique qu'il expose et de l'errance conceptuelle qui en découle.
En effet, il ne suffit pas de convoquer des signifiants « impériaux » comme « éthique » et « déontologie » pour constituer une argumentation. Non discutés, non éclairés, ce sont des signifiants sans portée, sauf à nous la boucler en une adhésion spontanée et imaginaire. Car enfin, cette « éthique professionnelle » qui semble si chère à l'auteur, quelle est-elle ? celle du psychanalyste, du psychologue, du médecin ? ou bien faut-il penser qu'à s'exercer dans un même lieu les pratiques viendraient à se confondre en un « espéranto » éthique ? que dit-elle cette éthique ? d'où le dit-elle ? qu'est ce qui l'anime ? autant de questions élémentaires qui ne trouvent dans ce texte pas le moindre début de réponse, sinon à penser qu'éthiques et déontologies se subsumeraient dans les « droits de l'enfant » !
Il est tout de même notable que J. Lacan ait consacré une année entière de son séminaire à donner forme et portée à « l'éthique de la psychanalyse » et notre auteur serait bien inspiré d'y « jeter un œil » si le seul fait d'en évoquer le nom ne lui est pas trop insupportable. Elle y trouverait, en effet, quelques instruments, quelque boussole propres à lui permettre de s'orienter dans des questions qui nécessitent une pensée un peu mieux inspirée que celle qui consiste à en appeler répétitivement aux seuls « droits de... » !
Nous avons régulièrement l'occasion de constater la cruauté de la mise en œuvre de l'idéal fâcheux d'un « politiquement correct » fondé sur des « valeurs » qui s'alimentent à la même source compassionnelle que celle qui inspire cette « lettre ouverte ». Il nous appartient de décider si nous voulons en accepter les effets de « terreur » qui n'ont pas manqué, déjà, de se faire sentir chez nous, comme en témoigne cette missive et bien d'autres faits de notre quotidienneté sociale.
Par Elisabeth Poret
L'urgence à dire à qui ? Quoi ? Le Passage à l'Acte par manque de Symbolique
Mon propos part d'une urgence à dire.
L'urgence qui fait nécessité, l'urgence de parler, d'en parler, taraudée par les mots ou plutôt les concepts comme : le lieu de l'Autre, instance inconsciente, ou la question de Dieu par rapport au grand Autre.
J'ai pourtant pris mon temps pour les dire.
Ce temps où l'écrit peut devenir le dire et que le parler n'est plus vital, où justement il est possible de ne plus être dans l'urgence de dire. Ecrire donc.
Pouvoir dire à quelques autres dans l'écrit.
Je m'adresse à qui ?
Aux psychanalystes ? Mes collègues en fait. Non plus dire à un analyste mais communiquer les fruits de mon travail à des analystes, pour susciter l'échange et continuer.
Ce travail qui se situe entre une analyse personnelle et une assimilation de la théorie psychanalytique. Une cuisine interne qui se noue et se dénoue au fil de l'expérience.
Il s'agit d'une théorie où le parlêtre est présent , même dans le travail des mathèmes, c'est-à-dire qu'il est obligé de comprendre la formule pour l'articuler. Il n'est pas entre parenthèses comme lorsque par exemple il applique une formule pour résoudre une équation.
Il s'agit d'y être au plus près du sujet du désir inconscient si tant est que ce soit possible.
L'Autre, réservoir des signifiants, est troué par la chaîne des signifiants, ce trou dans le Réel. Ce trou a un bord. Je voudrais parler de ce bord .Là où peut être un sujet. Au bord du trou. Sur le fil. Est-ce ce qu'on a parfois nommé le « border-line » ? Celui qui a un Autre barré, troué, mais à qui les signifiants manquent : qu'est à dire des signifiants manquent ? Il parle pourtant mais ce qui lui manquent ce sont des mots, des mots que le parlêtre s'est approprié grâce à un Autre réel qui lui a parlé, qui s'est vraiment adressé à lui et l'a reconnu comme sujet, des signifiants dont il peut se servir à son tour.
Vous parlez, à la fin d'une analyse, d'un Autre vide : quelle blague ! Il est plein de traces, cet Autre : plein de signifiants, si ce n'est d'un Père dont nous nous sommes servis et dont nous nous passons, quoique... Bande de croyants que nous sommes, nous pouvons le croire qu'il est vide cet Autre !
Le problème est que le Réel ne peut être creusé que par des signifiants et donc que des émotions sans signifiants, ça ne creuse rien du tout .Voir les thérapies dites corporelles qui, sans verbalisation, ne font que remettre au présent des épisodes refoulés non sans raison et laisser cette personne à vif ou prête à refouler tout cela si elle peut.
Etre au bord, trop près de l'objet « a », quand l'acte fait loi, avant l'angoisse. L'acte qui met en danger, qui peut tuer soi et son entourage. Il n'y a pas de pensées, ou du moins conscientes. Ou plutôt, est-ce à l'instant où la pensée fait l'acte. A peine pensé sitôt fait.
Il suffit, qu'au volant d'une voiture, le sujet regarde l'arbre au bord de la route pour que l'acte surgisse avant que la conscience soit : il n'y a pas de pensée, pas d'énoncé, pas de signifiants et la voiture est dans l'arbre sur le coup.
Ce genre de comportement, ça fait peur. Le sujet a peur de lui-même, peur de se tuer, dans l'après-coup s'il n'est pas mort. Peur à cause de la peur faite aux autres, du désastre provoqué. Peur face à celui qui a provoqué cela. Effroi même. Il paraît comme étranger à lui-même. Avec cette question : « comment ai-je pu faire cela ? »
« C'est moi qui ai fait cela ? Moi je n'y étais pas, ou j'y étais sans limites. »
« L'inquiétante étrangeté » dont parle Freud, reprise dans « Inhibition, symptôme et angoisse », das unheimliche : l'étrange familier, le familier qui ne l'est plus, l'espace d'un moment .L'étrangeté de soi, ce qui peut surgir de soi d'imaitrisable, d'inconnu, d'inimaginable. « ...mon désir entre dans l'autre où il est attendu de toute éternité sous la forme de l'objet que je suis, en tant qu'il m'exile de ma subjectivité en résolvant par lui-même tous les signifiants à quoi cette subjectivité est attachée. » (L'angoisse p.52 de Lacan)
Seules les limites du Réel arrêtent.
Passage à l'acte ?
Le passage à l'acte ne s'adresse à personne, dit-on, mais c'est une demande d'amour sous le signe du désespoir (voir le dictionnaire de la psychanalyse de R. CHEMAMA et B. VAN DERMERSHE).
Et si l'acte s'adresse à quelqu'un d'Autre. L'acte peut-il s'adresser à l'Autre ? A Dieu dans l'Autre, par exemple ? Aux Ancêtres ? A une représentation phallique qui aurait droit de vie ou de mort sur le sujet.
En parallèle à cela, dire l'importance de la petite voix qui dit « fais attention à toi, ne fais pas cela. Pense aux autres. Ne te fais pas de mal... »
Cette voix de l'Autre pour calmer, pacifier, pardonner, qui protège.
Cet Autre qui parle, qui donne des mots et pas seulement des mots, des signifiants qui prennent sens ensemble, des Noms du Père ? Des métaphores paternelles.
Ces signifiants qui permettent de passer de l'imaginaire au symbolique.
L'image, c'est la représentation de l'objet, de son corps, de soi. Les signifiants, ce sont les représentations des représentations. De l'image au signifiant.
S'il n'y a pas de signifiants ou si peu de signifiants dans l'Autre, l'être passe de l'image à l'acte.
Il ne sait pas dire. Il n'y a pas pensé, n'a pas imaginé le danger, hors conscience, sans impossible .Il n'a pas les mots, ou il les connaît mais il ne sait pas s'en servir, ça ne lui vient pas, dans l'incapacité douloureuse de passer par le signifiant pour dire : comme quand vous apprenez une langue, vous comprenez ce que les autres disent mais vous n'arrivez pas à dire vous-même. Vectorisé par le phallus, il s'identifie à l'objet a, la barre de l'Autre saute, le désir de l'Autre est agi et le seul signifiant qui surgit c'est le signifiant maître, c'est la mort.
Alors l'acte est mortel ! Ecoutez parler les jeunes de banlieue. Ils ne parlent que de mort et de sexualité avilissante. Ils ne savent pas dire. Ils n'ont pas les mots. Et pour le névrosé confronté à des adultes hypocrites et mensongers pervers, il n'y a aucune confiance en ces mots-là. Il les connaît mais il répugne à les employer, sachant que d'autres s'en servent pour le trahir.
L'urgence était donc d'écrire cela, de théoriser à partir de ces questions-là.
Plutôt que de se référer à cette Loi symbolique qui vectorise la chaîne des signifiants, on cherche d'où vient cette recrudescence de la violence (recrue des sens indécente ?)
Elisabeth Poret
Le Prince charmant
Par Véronique Bellangé
Si des adolescentes continuent à se poser la question de savoir si le prince charmant existe encore, c'est, disent-elles, qu'on ne leur parle plus que de "technique" concernant la sexualité, des précautions d'usage et des risques encourus ... sans leur parler d'amour.
Peut-être convient-il de rappeler que, pour ce qui concerne cette figure si souvent évoquée par les contes de fées, le prince n'a aucun compte à rendre, il n'a qu'à paraître. Son passé lui appartient, sa "vie de jeune homme" n'est pas à justifier, il est en quelque sorte intemporel. La jeune fille qui est l'objet de son élection se présente, elle, comme la "belle endormie" tant au niveau de sa sexualité que de sa subjectivité: Image d'une virginité et d'une douceur parfaites. Le prince charmant est celui qu'elle attend, celui qui par son phallicisme va lui donner existence, lui permettre d'accéder à une dignité et un rang social enviés. Celle qui fut spoliée de sa place par une marâtre ou des sœurs tyranniques, maintenue dans la soumission ou jeune et pauvre bergère, c'est par sa beauté qu'elle acquiert sa représentativité et de son manque qu'elle tient sa séduction.
Ainsi, par son charme, le prince parvient-il à l'éveiller, où l'on retrouve l'étymologie du chant magique qui lui permet cette opération. Le prince charmant n'est pas castré. Aspect incontournable de cette relation qui se termine par la fameuse formule "ils furent heureux et eurent de nombreux enfants" où le devoir phallique se trouve bien accompli.
Alors, aujourd'hui le prince charmant existe-t-il encore? il apparaît qu'on continue toujours de lire aux enfants des contes de fée et que cette représentation idéale de l'amour selon l'articulation jeune fille pauvre/prince charmant continue de bercer l'imaginaire. C'est une idée du bonheur à laquelle naturellement on peut aspirer, celle d'un rapport, fut-il imaginaire, accompli. Figure de l'idéal amoureux absolu, le prince charmant n'est pas pensé du côté de la jouissance sexuelle mais seulement du devoir sexuel.
A ce titre, nous pouvons dire qu'il existe toujours mais sa figure se trouve quelque peu déplacée par la "modernisation" du rapport au sexe. Bien entendu ce n'est pas sans conséquences que cette "libération" sexuelle s'accomplit, notamment dans les rapports des jeunes filles à leur corps. "J'ai le droit de jouir de mon corps" entendra-t-on volontiers. Même si cela participe d'un mouvement de libération des femmes au plan social, la question reste de savoir s'il s'agit d'une libération subjective ou encore d'une modification des rapports du sujet à la sexualité comme à l'amour.
L'enjeu du désir et de la procréation n'étant plus au premier plan, cela entraîne une liberté de "consommation"(c'est bien ainsi qu'on évoque l'acte sexuel). Pourtant cette "liberté" peut avoir l'effet de compliquer les choses puisque là où le prince charmant choisissait l'Élue de son cœur, la contraception permet désormais à la jeune fille de faire le choix de son ou ses partenaires, ouvrant ainsi une mise en concurrence pour ce qu'il en est du prince, fut-il charmant. Changement de position qui ouvre alors la question sur le mode suivant: lequel a suffisamment renoncé à sa phallicité pour être l'Élu?
Autrement dit, si la question du prince charmant ne se posait pas dans le passé, c'est que la disparité des places était acceptée. L'idée moderne de parité, d'homogénéisation des sexes entraîne un mode de revendication qui rend l'insatisfaction rencontrée moins tolérable, ouvrant la voie à une jouissance qui se soutient de la récusation de l'instance phallique. Et s'il est aujourd'hui possible de mieux contrôler les effets immédiats de la sexualité, il n'en reste pas moins que le désir reste structuralement incontrôlable.
Véronique Bellangé le 12 Mars 2001
Le Prince charmant ... suitepar Véronique Bellangé
Virtuellement vôtre...
Le prince charmant est-il connecté ?
De nouvelles modalités de mise en place du lien conjugal s'offrent à nous, liées aux progrès en matière de communication. Le recours de plus en plus fréquent et banalisé aux sites divers proposés sur Internet semble s'inscrire dans une dynamique de compensation concernant une rencontre amoureuse.
Y a-t-il là quelque désenchantement quant à ce que représentait la figure du prince charmant, les modalités de son apparition ne semblant plus aussi prometteuses ? N'est-il plus là où on espérait qu'un trait viendrait à ses yeux nous distinguer pour faire de nous son élue ?
L'idéologie contemporaine de la parité des sexes participe à cette modification, cette attente n'étant plus de mise, entraînant par là même un rabattement de l'amour sur le besoin pris comme nécessaire.
Besoin d'amour...connectez-vous...mettez-vous en lien, si ce n'est le prince charmant, vous trouverez sans aucun doute l'âme sœur. En effet dans cette connexion entre internautes, tout commence comme dans un jeu. Chacun à son poste fait état de son profil, de ses titres, liste qualités et défauts dans un souci de trouver... « chaussure à son pied »
C'est une croyance toute légitime que dans cette économie de l'offre et de la demande, on puisse enfin venir combler réciproquement ce manque amoureux. La dette à payer n'est pas très lourde, il suffit de s'acquitter de ses droits d'accès sur le site. La dimension de l'impossible est alors évacuée au profit d'un toujours plus accessible auquel on a le droit !
Dans cette quête identique de partenaire, dans cette réunion de deux imaginaires en recherche de complémentarité, il s'offre là encore un biais qui vise à récuser toute altérité, celle-là même qui se manifeste au-delà du sujet dans toute rencontre. Attribuant à l'autre le même manque l'Autre s'en trouve mêmifié.
L'enjeu d'un tel marché du lien conjugal donne certes des airs de sexe...
Désert de sexe souvent pourtant témoigné quand du rendez-vous chacun chez soi, chacun devant son ordinateur, on en arrive à une rencontre qui manifestement n'est pas tout à fait celle attendue...Il est vrai qu'Internet ne nous transmet ni les bruits, ni les odeurs propres au corps...Le réel du corps qui se dérobe à l'écran n'était certes pas prévisible et il resurgit là comme un malentendu...
Restons amis quand même...ou consommons...quoi qu'il en soit n'est-ce pas une tentative de non-rapport sexuel mis en place pour pallier ce défaut de rapport sexuel qui encombre le conjugal généralement.
Et puis... tournez Manège
Véronique Bellangé
PS : et si par quelque heureux hasard, ce texte vous plaît...Connectez-moi !!